Blocs en bois affichant le passage de 2025 à 2026, symbolisant un bilan personnel, une transition et l’évolution de la santé mentale à travers le temps.

Bilan de ma santé mentale

Personne assise à un bureau, écrivant face à une fenêtre enneigée, illustrant un moment d’introspection, de bilan personnel et de cheminement en santé mentale.

Je ne suis pas de ces personnes qui font des résolutions, je suis plutôt de celles qui font un bilan.

Les bons coups, les mauvais et les apprentissages. Bon, je devrais plutôt dire que les mauvais coups sont des apprentissages, mais je ne sais pas encore si je suis rendue au point de me pardonner.

Je suis bien bonne encore pour m’auto-saboter, et tout mettre sur ma faute bien avant d’analyser la situation. Acceptation, résilience et pardon sont probablement les 3 mots qui résument bien mon bilan. Je me disais avoir une bonne santé mentale. Disons qu’elle a un peu flanché, et elle ne l’avait pas fait depuis assez longtemps de cette façon. C’est comme ça, je reste humaine, et je ne pense pas pouvoir faire apparaître un joli petit bouton interrupteur pour faire en sorte que tout soit plus facile. On apprend davantage quand c’est à la dure, ai-je déjà entendu plusieurs fois.

J’ai dit tellement de choses sur le coup de la colère, sans valider mes perceptions. Je me suis laissée manipuler le cerveau, j’ai reproduit mes mauvais patterns et je n’ai pas été consciente de la portée des choses. J’ai crié trop fort alors que j’étais en tort. Maintenant, je tente de guérir mes traumatismes, mes schémas, et de m’enlever ce besoin de me justifier. Ces blessures que j’ai cachées sous le tapis, parce qu’on m’a toujours dit que je suis forte et résiliente. Alors j’ai tenu le fort pendant des années, mais au final, ce que l’on fuit finit par nous rattraper.

J’ai eu ma première fracture osseuse au tibia. Quelle belle façon de me freiner dans mes objectifs de mise en forme ; reprendre la course et de reprendre les cours à l’université. Ça m’a foutu le moral à terre, j’ai baissé les bras à plusieurs reprises, mais j’ai fini par accepter que je devais ralentir si je voulais avoir le moins de douleur résiduelle possible. Cette petite aventure m’amène alors à devancer mon déménagement avec mon conjoint et ses deux enfants en garde partagée. Moi qui n’ai pas d’enfants, ce fut de l’adaptation, des blessures qui ont ressorties et qui me confirmaient que j’ai des réponses conditionnées encore bien ancrées.

Être belle-mère, on n’en parle pas souvent, parce qu’on ne se sent pas toujours légitime. C’est un rôle encore flou, qui demande beaucoup d’adaptation, avec la mère en arrière-plan qui nous fait vivre des émotions que je ne pensais jamais avoir à vivre. On existe, mais pas à tous les niveaux. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai cheminé, que je suis heureuse dans mon rôle de belle-mère. J’ai la chance d’avoir un conjoint avec un grand respect, et deux petits cocos qui m’aiment beaucoup, on est une famille. Non, ce n’est pas toujours facile en étant hypersensible, mais je ne regrette absolument rien, et ça me fait grandir moi aussi.

J’ai baissé les bras assez souvent pour ma remise en forme, et j’ai abusé des canettes d’alcool fruité ainsi que du vin durant l’été. J’ai oublié le pourquoi des projets que j’avais en tête, et je me suis résignée à rester mal dans mon corps, la douleur ne me quittant pas suite à ma chirurgie. J’ai pensé lâcher l’école pendant un court moment, en plus de la démotivation des derniers cours qui ne suscitaient vraiment pas mon intérêt. J’ai fini par me retrousser les manches, et j’ai fait de la physio, persévéré avec les exercices malgré la douleur.

Les projets fous que j’avais arrêtés de me permettre sont revenus. J’ai marché petit pas à petit pas, mais jamais assez vite à mon goût. Je maintiens le cap, avec le soutien extraordinaire de mon conjoint. Je ne dépends pas de lui pour ça, mais avoir une personne qui croit en nous dans sa vie, qui nous pousse à sortir de notre zone de confort et à oser être la personne qu’on veut vraiment être au fond de nous… c’est extraordinaire.

Encore aujourd’hui, j’avance sur une route encore un peu « bouetteuse », mais la persévérance d’aller toujours mieux, et d’avoir fait parfois des pas tout minis, m’a apportée des choses vraiment positives et merveilleuses. J’ai retrouvé la force de me donner le droit d’avoir des projets de plus grande envergure, de prendre soin de moi de façon saine pour que ça rayonne autour de moi, d’arrêter d’avoir besoin de la validation des autres pour foncer dans mes projets.

 

— L’hypersensible atypique

 

 

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