Personne assise sur un lit, recroquevillée sur elle-même, la tête appuyée sur ses genoux. La posture exprime une grande détresse intérieure, en lien avec le thème de l’automédication et de la recherche de réconfort.

L’automédication : quand on cherche à éteindre la douleur

Au début de ma vingtaine, je n’avais pas encore reçu de diagnostic. J’étais tout le temps stressée. J’étais incapable de faire face aux moindres imprévus. Je pleurais souvent. J’étais toujours en colère, sans trop savoir pourquoi.

J’avais réussi à bousiller une amitié en vivant en colocation. Même chose pour ma récente peine d’amour ; le fait de vivre ensemble avait tout gâché. J’en suis venue à me dire que c’était moi le problème, que je ne pouvais pas vivre avec qui que ce soit. J’étais tellement contrôlante que tout devait marcher à ma façon. C’était insupportable pour les autres. J’avais fait une croix sur l’idée d’être à nouveau en couple un jour.

Portrait en clair-obscur d’une femme de profil, illustrant la vulnérabilité, la solitude et la lutte contre l’automédication décrites dans le texte.Je vivais donc seule dans mon petit 3 ½ situé, dans un demi sous-sol mal éclairé, qui sentait l’humidité.

Un lendemain de veille, je me suis réveillée avec un mal de tête dû à ma trop grande consommation d’alcool. Je tentais de me souvenir des évènements de la veille, tout était flou. Mon coeur et ma tête embrouillés par une santé mentale fragile inconnue à cette époque, ont trouvé que l’amnésie était apaisante. Moi qui paniquais à la moindre modification de ma routine, je trouvais que perdre le contrôle au point de ne plus me souvenir des événements, c’était exactement ça que ça me prenait ! Quand j’y repense, je trouve ça complètement fou, mais à l’époque, c’est l’automédication que j’avais choisi.

Mes soirées commençaient donc de plus en plus tôt et finissaient de plus en plus tard. **Attention, c’est loin, mais vraiment très loin d’être une recommandation. Je ne suis en aucun point fière de cette partie de ma vie. Mon comportement était dangereux.**

Je me suis automédicamentée à grand coup de vodka et, quand je n’avais pas le temps de dessaouler avant le travail, je prenais un speed, et je partais travailler ! J’ai fait ça pendant dix-huit mois, peut-être deux ans. À un moment donné, je me suis rendue compte que j’étais en train de devenir une personne que je n’aimais pas.

J’étais la première à hurler au scandale quand un ivrogne au volant percutait un pauvre innocent, alors que moi-même je conduisais bien trop souvent sous l’effet de l’alcool. Le nombre de fois où je me suis réveillée dans le lit d’un homme complètement inconnu, sans savoir comment je m’étais rendue là, et sans savoir si on s’était protégés.

J’ai arrêté de me médicamenter avec l’alcool le 25 février 2018. Je bois environ deux coupes de vin par an, à Noël, surtout pour me calmer. Bref, j’ai toujours une mauvaise relation avec l’alcool, mais je me tiens loin d’elle.

Ce texte, je l’écris surtout pour que si toi, tu te reconnais là-dedans, si toi aussi, tu bois pour engourdir tes maux et oublier ta détresse, saches que ce n’est pas la solution. Sache aussi que, même si on ne se connait pas, tu peux venir me parler en privé, et je vais t’écouter. Je vais t’aider dans ta démarche pour aller mieux.

Il y a des solutions beaucoup plus saines pour toi.

 

— Virginie

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