Toute ma vie, j’ai eu de la difficulté à gérer mes émotions et calmer mon impulsivité.
Ces derniers temps, je peux dire que je suis de retour à la case départ. J’ai fait des choix dont j’étais peu fière, mais si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que j’ai décidé de me prendre en main et de me donner une deuxième chance. Pour moi, le problème avec l’excès, c’est qu’il se vit dans tous les aspects de ma vie. Surtout avec la consommation d’alcool et de substances illicites.
Au fond de moi, je sais que j’ai de bonnes valeurs, de bons principes et une tête sur les épaules. La seule chose qui me nuit reste, au final, de vouloir noyer mes sentiments, qui sont parfois trop puissants. Il m’arrive de ressentir une souffrance si intense qu’elle pèse de tout son poids sur moi.
Ça commence par un verre, deux, trois… puis la bouteille. Je deviens une personne totalement différente, mais dans ledit moment, la sensation est si euphorique que je perds toute capacité d’y mettre un frein. Le mal, la souffrance, le vide intérieur… tout se dissipe en fumée. Je me sens libre, voire invincible.
Cependant, les lendemains sont très différents de ce que j’avais pu m’imaginer la veille. Mes choix en tant que personne sous influence ne concordent aucunement avec les valeurs qui sont ancrées en la vraie moi, tsé la moi sobre !
Ces jours-ci, je ne suis pas fière de celle que je deviens et c’est pourquoi j’ai décidé de me prendre en main.
Après avoir vécu si longtemps avec ce sentiment de vide, je m’accrochais à chaque moment d’euphorie, comme si ma vie en dépendait. Sortir chaque soir sans penser aux conséquences, ne pas me respecter et faire du mal aux autres par le fait même. Voilà comment s’est déroulée ma vie ces derniers mois. Je ne suis pas en train de me taper sur la tête, mais plutôt d’assumer les conséquences de mes gestes. J’ai trop d’amour-propre pour continuer à me détruire de la sorte (et trop d’amour pour les gens qui m’entourent). Je ne dis pas que ce sera facile, mais au moins, l’acceptation est déjà un très gros pas de fait.
Ça faisait un bout que je n’avais pas écrit ici, ça me fait du bien. Je me sens acceptée et comprise par nos lecteurs, et si quelqu’un peut relate à ma situation, ça me fera un énorme baume sur le coeur.
Il est présentement 19h44, je suis seule avec moi-même. Pour une fois, je reste lucide… sans sombrer dans l’inconscience. Je suis fière de moi. Chaque jour, je me regarde dans le miroir et me rappelle que peu importe à quel point les temps sont durs, que je m’aime et que je suis une belle personne. Je sais que ça ne sert à rien de s’en vouloir pour des choses qu’on ne peut plus contrôler. Il faut savoir se pardonner et avancer. Nous sommes notre meilleur allié, notre ami pour la vie et notre plus belle histoire d’amour.
Je me promets donc de prendre soin de ma personne, de m’écouter, d’être en paix avec mes choix et de les faire en fonction de mes valeurs. Je me promets de m’aimer inconditionnellement, de m’encourager et de bien m’entourer. Je me promets de me respecter, de laisser couler mes larmes quand elles viennent, d’accueillir mes émotions et, surtout, de me traiter avec indulgence.
Le trouble de la personnalité limite n’apporte pas que du négatif. Le TPL me permet aussi d’être authentique et profondément empathique. Mon plus gros défi est de doser. C’est le travail d’une vie, mais certainement pas une corvée. Je souhaite m’améliorer pour pouvoir venir en aide à ceux qui sont ou ont été dans une situation semblable à la mienne.
À vous tous, je veux que vous sachiez que je vous comprends, que vous êtes aimés et que de vivre en ayant des émotions »feux d’artifice » est possible.
— L.



