Je viens de rentrer. Il est 20h47. Je suis assise dans mon salon, enroulée dans ma grosse doudou verte, celle qui me donne un peu l’impression d’être protégée du monde. Je me sens… vide. Fatiguée. Pas physiquement, non. Juste… intérieurement.
Aujourd’hui encore, au boulot, j’ai souri, j’ai hoché la tête, j’ai même pris la parole à la réunion. Mais tout le long, une petite voix me chuchotait : Tu n’es pas à ta place. Ils vont finir par s’en rendre compte. Cette fameuse voix. Celle qui revient sans cesse depuis que j’ai décroché ce poste. Pourtant j’ai étudié, j’ai travaillé fort… alors pourquoi j’ai encore l’impression d’être une erreur de casting ?
Je regarde mes collègues avec admiration. Ils ont l’air si sûrs d’eux, si confiants. Et moi ? Moi, je passe mes soirées à relire mes courriels cinq fois avant de les envoyer. À douter de chaque idée que je propose. À me dire que je suis juste chanceuse d’être là… que ça ne durera pas.
Mais ce soir, j’essaie quelque chose de nouveau.
J’ai lu quelque part qu’il fallait parler à soi-même comme on parlerait à un ami. Alors je vais essayer.
Marie (oui, je vais me parler à la 3e personne ce soir), tu n’es pas une fraude. Tu es humaine. Tu as le droit de douter. Tu as le droit de ne pas tout savoir. Ce que tu ressens, ce n’est pas un échec : c’est une preuve que tu veux bien faire.
Et surtout, tu n’es pas seule.
Je commence à comprendre que la confiance, ce n’est pas quelque chose qu’on a ou qu’on n’a pas. C’est quelque chose qu’on construit, petit à petit. Comme un muscle. Et moi, même si j’ai l’impression de soulever une plume aujourd’hui, je suis quand même en train de m’exercer.
Alors voilà. Ce soir, je me promets de continuer. De faire de la place à la douceur, à la lenteur, et à l’idée que je mérite d’être là. Un jour à la fois.
Et demain, peut-être que cette petite voix sera un peu moins forte.
— Marie.



