Trois amis souriants, assis en plein air sur un toit, partagent un moment de complicité et de joie. Une femme aux cheveux bouclés enlace son amie en riant, tandis qu'un homme à la veste verte sourit chaleureusement à côté d'eux.

Qui sera là quand ça n’ira pas ?

Cette question, je ne me l’étais jamais vraiment posée, jusqu’au jour où la vie m’a forcée à y réfléchir. Au fond de moi, j’ai eu la naïveté de croire que toutes les personnes pour qui j’ai été présente, de près ou de loin, seraient là également lorsque j’aurais besoin d’elles. Je ne compte pas les retours, mais il me semble que trouver un juste équilibre dans le soutien mutuel est le pilier d’une relation saine, respectueuse et bienveillante.

Je ne suis pas l’amie qui va texter quotidiennement. Il faut dire que j’ai parfois du mal à prendre les devants, en raison des nombreux rejets que j’ai subis. Mais je suis là, en toute authenticité.

On dit souvent que c’est dans les moments les plus difficiles qu’on reconnaît les personnes qui sont vraiment là pour nous, pas juste en paroles. J’ai pu le constater à plusieurs reprises, et c’est aussi ce qui a fait que mon cercle d’amies s’est considérablement réduit.

Dernièrement, la vie m’a encore mise à l’épreuve, me forçant à ralentir et à demander de l’aide, puis à accepter d’en recevoir. Et ça, c’est franchement difficile pour moi, car j’ai l’impression d’être faible et incapable.

Bien sûr, je pourrais faire à ma tête de cochon comme d’habitude, mais cette fois, la guérison et le rétablissement en dépendent. Une journée qui s’annonçait magnifique s’est soudainement transformée en un petit séjour à l’hôpital, avec une chirurgie au genou. Mes nouvelles amies : les béquilles, pour un minimum de 6 semaines. Un genou et une jambe douloureuse, désormais bien moins flexibles, et une plaie à soigner. Un rétablissement estimé entre 3 et 4 mois.

Ça peut sembler anodin, presque simple, surtout pour moi qui suis d’habitude si forte. Mais la vérité, c’est que ce n’est pas si évident. J’ai des moments de faiblesse, en plus de toutes les émotions et de l’adaptation qui arrivent en même temps. Ai-je fait les bons choix cette fois, pour enfin trouver l’esprit plus calme et un bien-être plus durable ? Pourquoi est-ce que je me sens coupable d’avoir des moments de fragilité ? Ah oui, c’est vrai… quand on est forte et résiliente, on n’a pas le droit de flancher !

Le sentiment de solitude est bien présent, car je dois limiter mes déplacements. Je ne peux pas prendre trop de risques ; chaque fois que je dépasse la limite, cela peut sérieusement compromettre la guérison. J’ai parfois l’impression de devoir me justifier quand ça va moins bien, mais je prends les choses un jour à la fois. Gérer la douleur est aussi un défi, et mon genou me rappelle vite quand j’ai peut-être un peu trop forcé. Au quotidien, tout est devenu plus compliqué, plus lent, et c’est vraiment frustrant. Cette fois, j’ai même l’impression d’avoir encore moins de personnes sur qui compter.

Je me sens comme un poids pour les autres, puisque je ne suis pas à ma pleine capacité, et je culpabilise de ne pas pouvoir en faire autant que je le voudrais. Coupable de ne pas donner autant que je reçois.

Conduire ma voiture me manque. Je ne peux plus faire ce qui me fait du bien, comme m’entraîner ou reprendre la course. C’est un vrai défi mental. La fatigue me gagne plus vite, ce qui rend les émotions plus difficiles à gérer. Parfois, je me mets à pleurer en voyant les choses plus sombres qu’elles ne le sont réellement.

2024 a été toute une aventure et, au final, je me suis retrouvée à faire des choix que peu de gens comprennent, ce qui a fait en sorte que certains se sont éloignés. Pourtant, ces fameux choix, ils me rendent heureuse et m’ont permis de rencontrer de nouvelles personnes que j’apprécie et avec qui j’ai le plaisir de passer du temps.

Ces choix m’ont également permis de retrouver l’amour et de vivre ma convalescence bien entourée, en gardant le sourire. Ils m’aident à accepter que mon état est temporaire et que je dois respecter les limites pour bien guérir.

C’est peut-être ce coup dur qu’il me fallait finalement, pour mettre en pratique les apprentissages de la dernière année et aborder la suite de 2025 avec les personnes qui comptent réellement. Parce qu’on approche doucement de la mi-année, et j’ai bien l’intention de faire en sorte que le reste soit mémorable, tout en étant bien entourée.

— Mérédith

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