Une grande prise de conscience est survenue récemment à la suite d’une lecture. Un texte de Mariana Mazza, paru dans La Presse, qui m’est resté en tête toute la journée. Et depuis, j’y pense encore au quotidien.
Ce texte m’a fait réfléchir à propos de la santé mentale collective, face à nos relations avec les autres. Ces autres que nous croisons dans nos vies, que ce soit de façon régulière ou pour quelques minutes, et qu’on ne connaît pas vraiment.
À l’ère des écrans, nous nous isolons à travers une foule, dans l’autobus, dans l’ascenseur, dans les files d’attente… Nous ne portons plus attention aux autres et évitons à tout prix d’entrer en contact avec eux. Les conversations sur le beau temps avec des inconnus n’existent plus. Pourtant, ces mots échangés, même banals, nous apportent réconfort et nous font sentir vivants. Parfois, nous ressortons de ces brèves rencontres avec des anecdotes, ou encore, avec un sentiment de bien-être.
Depuis cette lecture, je réalise que je ne prends plus le temps d’observer autour de moi, de me montrer disponible aux autres, de sourire gratuitement aux gens qui m’entourent. Mon regard est rivé à mon écran de cellulaire… même quand je prends des marches au grand air, alors qu’il y a tant de choses à voir autour. Du beau, des vrais visages, des images qui ébranlent, la vie. Pas du virtuel.
C’est inquiétant de se rendre compte que nous nous isolons de plus en plus tout en étant plus connectés que jamais virtuellement. Je me remémore la période avant tout ça, avant les réseaux sociaux, lorsque j’appelais des amis ou de la famille quand je m’ennuyais pour avoir une conversation, entendre leur voix… Quand j’observais les gens dans l’autobus ou le métro et que je leur imaginais une vie. Lorsque tout était un peu plus lent, que les gens ne s’attendaient pas à une réponse immédiate et qu’on devait se déplacer pour se réunir, faire une seule chose à la fois. Être présent physiquement et mentalement.
Ces moments sont de plus en plus rares dans nos vies survoltées.
Devant cette prise de conscience, je m’inquiète pour moi, mes enfants, la société. Vers où allons-nous si nous fuyons tout contact humain, le craignons même parfois, et au final l’évitons ? En même temps, j’ai l’impression que nous tolérons de moins en moins le fait d’être seuls. Nous comblons cette solitude en naviguant sur les réseaux sociaux, ce qui nous fait sentir encore plus seuls. Et quand nous pourrions créer des liens avec d’autres personnes, nous nous renfermons.
Je me donne le mandat, dès ce jour, de tenter de remédier à ça dans ma vie. Je réalise que j’ai besoin de ces contacts avec les autres, même inconnus. Besoin d’exister dans la foule. Je veux ouvrir mon regard aux autres, aller vers eux, sourire, les voir vraiment. Qui sait, c’est peut-être ce qu’eux ou moi aurons besoin ce jour-là, juste… un autre humain qui leur fait signe, qui les voit.
— Virevent



