La femme forte et résiliente que tout le monde connaît, en fait, ce n’est que la pointe de l’iceberg, car en dessous, c’est le masque que je tente de me mettre au visage.
Qui aurait pu croire que j’aurais laissé une seule personne donner le coup final pour me mettre par terre ? Je dois maintenant passer par la phase d’acceptation. Accepter que je sois épuisée émotionnellement. Ma patience, ma concentration et mon empathie semblent avoir pris un billet « aller seulement ». J’ai juste le goût d’être seule dans mes choses, de pleurer toutes les larmes de mon corps et d’essayer de retrouver cette petite lueur d’espoir quelque part. À bien y penser, moi aussi, je prendrais peut-être ce même type de billet pour fuir tout ça.
« Adaptation » est le mot qui représente bien mon année 2025. Et ça, c’est déjà difficile mentalement de le faire quand on saute dans une nouvelle vie. Mais quand on subit de la diffamation, du harcèlement, de l’acharnement en plus du brouhaha de la vie… je me demande comment j’ai fait pour tenir debout jusqu’à présent. Je me sens faiblir.
Une femme qui utilise ses enfants et différents professionnels pour me faire du tort, qui me traite de tous les noms possibles. Être accusée d’actes sérieux, être espionnée sur les réseaux sociaux, et j’en passe. Autant j’ai vu de plus près mes rêves et mes objectifs, autant j’ai le goût de les balancer à la poubelle. Parce que je sais de quoi elle est capable, et ça peut être grave. Je n’ai pas la force de me battre pour prouver mon innocence, sa parole contre la mienne et quelques preuves en main. Qu’ai-je fait pour mériter ça, alors que je fais ma petite vie tranquille et que je me laisse enfin être la personne que je veux être ?
Toutes ces séances de thérapie à travailler mes blessures semblent maintenant ne plus avoir de sens, comme si je devais tout recommencer. Je n’ai pas envie qu’une personne contrôle ma vie comme ça… mais au fond de moi, la peur et l’anxiété prennent le dessus. J’ai parfois envie de me casser un os pour être en arrêt maladie, pour ne pas avoir à justifier ma fragilité mentale. Et je suis épuisée de faire semblant que tout va bien. Mais je le fais, pour préserver certaines personnes et me faire croire que ce n’est pas si pire.
Si je fais trop de câlins aux enfants, vais-je être accusée d’agression sexuelle ? Si je participe à quelque chose sur les réseaux sociaux et que c’est public, de quelle façon va-t-elle retourner ça contre moi ? Sous son apparence angélique se cache une femme qui ne lâchera pas le morceau et qui est prête à faire du mal presque sans limites.
C’est si facile pour certaines personnes de s’en foutre et de continuer à vivre normalement. Mais pas moi. Je trouve que c’est trop banalisé et qu’on ne prend pas assez au sérieux les impacts d’une personne comme ça. Il faut attendre que quelque chose de grave se produise, m’a-t-on dit. Et me faire dire ça, ça me fait presque souhaiter qu’il arrive vraiment quelque chose pour ensuite crier à tout le monde : « Je vous l’avais bien dit ».
L’accumulation et les facteurs externes font en sorte que parfois, on se laisse tirer vers le bas. C’est malheureusement mon cas. Je le cache à tout le monde, parce qu’on me connaît forte, et je ne veux pas qu’on me voie faiblir. Je le sais, il vaut mieux agir sur les choses dont on a le contrôle, et laisser aller le reste. Je travaille fort là-dessus, mais l’avancement comporte des rechutes et encore des rechutes. Je sais que m’arrêter une certaine période de temps pourrait être bénéfique pour déposer tout ce stress et cette anxiété qui me rongent depuis plusieurs mois déjà. Je tente d’agir avec moi-même avec bienveillance, de garder la tête haute, de faire en sorte de ne pas me laisser aller trop vers le fond. Le mensonge prend souvent l’ascenseur, et la vérité… l’escalier. Je me le répète, tout en gardant espoir de retrouver un meilleur équilibre.
— L’hypersensible atypique



