Une personne lève sa main devant elle pour dire stop, dans un geste de protection, alors qu’elle est recroquevillée et en détresse. L’image illustre la réalité de la violence et la difficulté d’en parler.

Ma demande à l’IVAC

C’est difficile pour moi de te parler de ça, mais je voulais le faire si ça peut ne serait-ce qu’aider une personne. J’ai longtemps banalisé les impacts de mes anciennes relations, en me disant que d’autres personnes avaient vécu pire que moi et que je ne devrais pas m’en faire. J’ai fait beaucoup de travail sur moi, mais je ne comprenais pas certains patterns, émotions.

J’ai consulté quelquefois… Pas une, mais deux professionnelles en santé psychologique m’ont dit que je pouvais faire une demande à l’IVAC. Pourquoi demanderais-je de l’aide alors que je n’ai pas de séquelles physiques ? Mais non, je vais m’en sortir toute seule, je vais continuer de travailler sur moi et ça va passer. J’ai ensuite été dans une relation qui a fait sortir en moi des émotions assez inconnues, et je dois avouer que mes comportements avaient commencé à m’inquiéter.

  • Désir de provoquer un accident de voiture ;
  • Commencer à fumer du pot ;
  • Envie de me mutiler ;
  • Et autres…

Je me suis fait peur, alors j’ai reconsulté à nouveau, mais avec une autre intervenante qui avait une approche différente. Elle fut la troisième à me parler de l’IVAC. Ok… ma tête de cochon a compris là !

J’ai réalisé que je ne voulais pas raconter ce qui s’était passé pour ne pas revivre les émotions… constater les impacts et me rendre compte que j’ai vraiment touché le fond. J’avoue que j’ai peur que ma demande soit refusée. Cela me donnerait l’impression que mon vécu n’est pas assez grave, alors qu’au fond de moi, je souffre.

Je ne te raconterai pas en détail les événements vécus, mais il s’agit de violence sexuelle, psychologique et coercitive. J’ai subi aussi des attouchements. À cette époque, on m’a dit que je voulais juste attirer l’attention, alors ça a continué, encore, jusqu’à ce que je change d’école. J’ai gardé ce secret en moi pendant des années. Maintenant, peu de personnes sont au courant.

Je suis insécure, j’ai de la difficulté à faire confiance, j’ai tendance à saboter une relation qui pourrait être positive en me disant que je ne mérite pas une relation saine. Je tolère des comportements dégradants et douloureux lors des moments intimes… en me disant que c’est un aspect de la sexualité qui existe. Mais à quel point je dépasse mes limites pour faire plaisir à l’autre ? Je ne le sais même pas. À force de toujours se faire rabaisser, critiquer, recevoir certains commentaires, cela vient teinter notre perception de soi. Et sans qu’on s’en rende trop compte, on s’abaisse, on diminue nos besoins et nos standards en se disant que ce n’est pas si grave.

La vérité, c’est que personne ne devrait subir aucun type de violence.

Parfois, j’aurais voulu avoir une bonne claque à la figure, en me disant que ça ferait mal, mais que ça guérirait après quelques jours. Je ne banalise pas la violence physique, mais les blessures psychologiques font aussi mal, même si elles sont souvent invisibles. Je ne peux pas effacer le passé, tout recommencer. Est-ce que ça aurait été mieux ou pire ? On ne peut savoir.

Cependant, il n’est jamais trop tard pour se reconnecter à soi, reconnaître ses limites, comprendre ses besoins, reprendre confiance, améliorer son estime, faire la paix avec le passé et aller de l’avant.

 

— Une tempête à la fois

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