« Maman, je veux pas aller à l’école… »
Je me souviens, quand j’étais au secondaire, les matins où j’avais des examens… c’est cette phrase que je sortais à ma mère.
Ça arrivait souvent (pour ne pas dire tout le temps) que j’avais mal au coeur. Je voulais tellement réussir mes examens et ne pas échouer que c’est ce qui se produisait à chaque fois. À y penser, tu me dirais probablement « Ben oui, c’est normal Marie ! T’as un T.A.G (trouble d’anxiété généralisée)… ». Mais ce n’est pas nécessairement tous ceux·es qui ont un T.A.G qui font de l’anxiété de performance.
Alors moi, lors de ces matins-là, je suppliais ma mère de ne pas m’envoyer à l’école, parce que j’avais tellement mal au coeur que j’avais réellement peur de vomir en classe. À cet âge-là, j’étais certaine que j’avais la gastro. Je ne reliais pas mes maux de coeur à l’anxiété. Parce que même si ma mère me le disait « que ça allait passer », « que c’était le stress qui faisait ça », je ne la croyais pas. Moi, j’avais mal au coeur physiquement, pas « mentalement ». Et puis, dans ma tête, un mal de coeur voulait dire gastro, qui veut dire automatiquement VOMI. Après ça, mes pensées étaient que « si je vomis devant la classe, j’aurai honte à l’infini, les autres vont me juger, ils vont rire de moi et je vais me faire intimider ». C’est ce qui se passait à ce moment-là, dans ma tête.
Mais je ne comprenais pas ce que je vivais et je ne comprenais pas pourquoi je vivais ça.
Je me souviens à quel point j’étais terrorisée à l’idée que ça arrive. Pis au final, c’est ma mère qui avait raison… Une fois mon examen passé, mon mal de coeur s’en allait et je finissais ma journée.
Déjà, à cet âge-là, elle essayait de me faire passer outre l’évitement que je tentais de faire en ne voulant pas aller à l’école. Parce que c’est ça que je voulais… Éviter de vomir, de m’humilier devant tout le monde… Éviter l’inconfort… Mais évidemment qu’à cet âge-là, je ne comprenais pas que c’est ce que mon cerveau cherchait à me faire faire.
Éviter à tout prix.
Encore aujourd’hui, ça m’arrive de vouloir éviter. Moins souvent qu’avant puisqu’avec le temps, j’ai réussi à garnir ma boîte à outils. Mais ça m’arrive encore de chercher à contourner ce qui me crée cette anxiété de performance. Même si je sais que ce n’est pas ce que je dois faire pour m’aider à la réduire t’sais. C’est un automatisme difficile à gérer. Au moins, je me dis que de m’en rendre compte c’est déjà un bon début vers une meilleure gestion de l’évitement.
— Marie Lapierre



