Ombre floue d’une femme projetée sur un mur éclairé, symbolisant l’effacement de soi et la prise de conscience qui émerge dans le silence.

Qui restera vraiment, après avoir dit « non » ?

Depuis un bon moment déjà, je me sens prise au piège, coincée dans une dynamique qui me dépasse la plupart du temps. Comme si j’étais enfermée dans un rôle que je n’avais jamais choisi consciemment, mais que je continue d’habiter malgré moi.

Je tiens, je continue et j’acquiesce… mais à l’intérieur de moi, quelque chose se serre. Il y a peu d’espace pour moi, peu de marge pour respirer sans avoir l’impression que tout va s’écrouler si je lâche. Ça fait un bout que je le sais que c’est moi le problème, mais jusqu’ici, je ne savais pas trop le pourquoi du comment.

Je le sais que j’ai tendance à trop en faire pour les autres. Je le sais que prendre du temps pour moi, pour me reposer, est difficile. Et je le sais que je suis du genre à mal gérer mon temps avec le peu d’énergie que j’ai. Mais je le sais aussi que si je suis autant fatiguée, vidée, c’est parce que je ne m’écoute pas assez.

Alors, j’essaie tant bien que mal de ralentir un peu, de prendre un pas de recul, et c’est là que la prise de conscience arrive… et qu’elle fait mal. Ouin.

Silhouette d’une femme marchant seule dans un corridor baigné de lumière, projetant une ombre marquée sur le mur, symbole d’effacement et de réflexion intérieure.Parce que je réalise que ce n’est pas seulement que j’en fais trop. Sans m’en rendre compte, j’ai contribué à créer des relations basées sur la disponibilité continue et la conciliation constante. À force de m’adapter, de dire oui, de rendre service, j’ai montré que j’étais celle sur qui on pouvait toujours compter. Celle qui s’ajuste au besoin, qui prend sur elle. Et intérieurement, ça me brûle, parce qu’une partie de moi se dit que si j’avais mis mes limites dès le départ, si j’avais osé dire non plus tôt, je n’en serais peut-être pas rendue là aujourd’hui.

Juste le fait d’avoir cette pensée-là, ouf ! Ça fait bel et bien mal.

Je me sens coupable, parce que je sais que c’est en partie de ma faute. J’en suis responsable, j’ai moi-même ouvert la porte à cette dynamique-là. Et en même temps, je sais que j’ai fait ça pour maintenir une certaine paix, ne pas déranger et survivre. Disons que je n’avais pas toutes les ressources que j’ai maintenant non plus.

Ce que je remarque aussi, c’est que le jour où je m’affaiblis, le jour où j’ai VRAIMENT besoin de repos, rien ne s’arrête autour de moi. Au contraire, on m’en met encore plus sur le dos. Je m’arrête une journée et j’en ai deux à rattraper. Je prends une semaine de vacances « parce que j’en ai réellement besoin mentalement ET physiquement » pis on trouve le moyen de me faire sentir mal, de ne pas respecter mon besoin, de me dire mot pour mot que je ne suis pas en position de pouvoir m’arrêter. Que je suis épuisée pour « aucune raison ».

Ça me donne l’impression que je fais payer mon absence. Résultat : je reviens encore plus crevée qu’avant de partir. M’ouin

Alors je réfléchis. Je cherche des moments dans mon horaire où je pourrais penser davantage à moi, reprendre le contrôle sur mon énergie, me déposer un peu. Et chaque fois, ça revient au même… Ça implique un sacrifice. Arrêter de faire ce que je fais pour quelqu’un d’autre. Arrêter de rendre service. Arrêter de tenir une partie du système. Pis ça ben… ça dérange. Parce que quand je me mets à mon propre service, il y a toujours quelqu’un que ça inconforte.

Une autre réalisation s’impose. Si je ne fais pas ce qu’on attend de moi, je le sais que certaines personnes vont finir par sortir de ma vie. Pas nécessairement parce qu’elles vont me mettre de côté. Non. Mais parce que moi, je vais me tanner. Parce que rester me coûte trop cher. Parce que continuer de m’effacer devient de plus en plus insoutenable, et que me revirer de bord commence à ressembler à la décision la plus saine que je puisse prendre.

Je ne suis pas encore rendue au bout de cette réflexion. Je suis en plein dedans. Mettre des limites, pour moi, ce n’est pas si simple ni neutre. Ce n’est pas sans peur ni conséquences. Mais je vois clairement une chose… continuer sans limites, ça me fait disparaître tranquillement. Et ça, je ne veux plus.

 

— La fille dans l’ombre

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