Deux capsules de médicament dans une main, accompagnées d'un verre d'eau, pour aider à aller mieux mentalement.

Retour à la case départ

Une impression de déjà-vu, de revivre la même chose, 9 ans plus tard. Une mauvaise version du film Retour vers le futur.

Je me revois en 2013, luttant corps et âme pendant 1 an à ne pas vouloir prendre de médication pour mon anxiété. À me dire que ça n’a pas de sens que MOI j’en sois rendue là. Que MOI, j’aie besoin d’une médication pour me gérer, parce que malgré tous les efforts que je fais, je n’y arrive pas, je n’y arrive plus.

En 2013, j’ai fini par passer le cap de l’acceptation et, finalement, aller chercher cette médication qui me permettrait de calmer mes symptômes tout en pouvant me concentrer à aller mieux. Et cela a marché !

Mais… la vie n’étant pas un long fleuve tranquille, je me retrouve à revivre la même scène aujourd’hui. Malgré ma médication, je n’y arrive plus. Trop d’événements sont survenus dans ma vie, trop d’accumulation de petites choses qui, ajoutées l’une à l’autre, nuisent à mon fonctionnement quotidien.

Professionnelle de la santé préparent une prescription médicale pour de la médication pour aider à aller mieux.Alors je retourne voir mon médecin, on réajuste ma médication, on en ajoute, et on attend que ça fasse effet.

Et dans ma tête, depuis un mois, je ne comprends pas. Je n’arrive pas à croire que j’en sois rendue là. Que je sois obligée de prendre tous ces médicaments pour vivre des journées qui, à priori, sont ce qui a de plus banales : m’occuper de mes enfants, le travail, la maison, etc. Je suis loin d’un agenda de premier ministre là, on s’entend ! Et malgré tout, je n’y arrive plus.

Ce qui me fâche le plus dans cette situation, ce qui est le plus difficile à accepter pour moi, c’est que dans ma vie en général, j’ai toujours fait attention à ma santé. Jamais pris de drogues, cigarettes ni alcool. Jamais abusée de rien pouvant nuire à ma santé. Aucun problème de poids. Aucune habitude de vie qui pourrait expliquer le pourquoi du comment j’en suis là aujourd’hui. (Prendre note que ce paragraphe reflète seulement ma réalité et mon besoin de perfection sur ma santé, et qu’en aucun cas, je juge les gens qui consomment des drogues ou autres substances du genre.)

Je crois que c’est ce qui est le plus difficile à accepter, de me dire que malgré tous mes efforts de faire attention à ma santé, j’en arrive à ce point-là quand même. Que bien que j’évolue dans un environnement de travail qui prône la santé naturelle, le bien-être, moi… je dois prendre une médication pour bien fonctionner. J’en ai honte en fait. Et je ne comprends pas. Où est-ce que j’ai manqué ?

Et pourtant, je suis la première à dire à mes clients que s’ils ont besoin d’une médication pour les aider, pour leur permettre d’aller mieux et de continuer à avancer, que c’est correct. Que la médication est un outil comme un autre qui permet de gérer certains symptômes incommodants et que parfois le corps en a tout simplement besoin, c’est tout.

Alors ce combat, il est vraiment entre moi et moi. Ma perception de moi-même, le jugement que j’ai envers moi-même. Mon besoin de perfection. Plus le temps avance dans ma résistance à l’acceptation, plus je me rends compte que la seule personne à qui je nuis là-dedans, c’est moi. Pendant que je résiste, que je me bats avec moi-même et ma honte, je ne m’aide pas. Je ne contribue pas à mon mieux-être, et je perds des petites parcelles de bonheur que je pourrais vivre à travers mes journées, et ça, c’est vraiment triste.

 

— Charlotte

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