Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes le matin, et j’ai la boule au ventre.
Je ressens cette sensation de lourdeur jusqu’à mon visage. J’en serre la mâchoire plus fort que d’habitude.
Je peine à retenir mes larmes. Elles coulent le long de mes joues, tout doucement, silencieusement.
Je m’en veux, car j’ai littéralement l’impression d’avoir échoué en tant que parent. Je vous explique plus bas.
Bon. Première journée de « vacances ».
Je m’assois tranquillement avec mon café sur le fauteuil. Bin oui, garde donc… je me retrouve à scroller mon fil d’actualité Facebook. Waw ! Que c’est génial ! (Veuillez noter mon sarcasme ici).
Je tombe sur une publication dans un groupe d’achat local. J’y aperçois un magnifique cadre en bois naturel dans lequel on peut y mettre les photos scolaires d’un enfant, soit de la maternelle 4 ans jusqu’à la 6e année, avec son nom gravé dans le haut.
Et voilà, ça commence…
Les regrets. Les foutus regrets.
La première pensée qui me vient en tête : « J’suis vraiment une mère de marde… »
Pourquoi ?
Eh bien, tout simplement parce que je réalise que je n’ai AUCUNE photo d’école de mon grand, qui commencera sa 3e année en septembre.
Pas parce que je n’en voulais pas ou que ça ne m’intéressait pas… mais parce que je n’avais pas les moyens financiers à ce moment-là, puis j’ai fini par oublier, chaque fois.
[…]
Pourtant, le mois d’avant, j’avais demandé à papa de défrayer le coût des photos pour le plus jeune en lui mentionnant que j’allais m’occuper de celui du plus grand rendu là.
Bin oui.
Les larmes se sont mises à couler sur mes joues… en me remémorant tout ça, parce que finalement… je n’avais pas les sous requis.
Je ferme mon téléphone aussitôt en me disant qu’à chaque fois que je regarde mes réseaux, je vis une émotion négative (ou presque haha).
Je sèche discrètement mes petites larmes parce que, tsé, j’ai pas particulièrement envie que mon chum me demande pourquoi je pleure pour finalement me voir lui expliquer que je suis en train de brailler à cause de photos scolaires. Mmmmm…
Donc je me change les idées en regardant notre « magnifique » serre intérieure.
Puis, c’est à ce moment précis que je réalise que ça fait carrément UNE SEMAINE que j’ai oublié d’arroser la petite plante de mon petit coco… C’est la deuxième fois que ça arrive en plus… Tsé, les autres plants, c’est pas grave, mais ELLE… non, ça ne passe pas.
Un magnifique petit plant de tomate qu’il avait ramené de l’école avec tellement de fierté et de joie. Il a à coeur de s’en occuper en plus (quand il est là).
Étant en garde partagée, la semaine qu’il est chez son papa, j’oublie souvent de l’arroser.
Bin oui… la première fois, elle est morte… pour vrai.
Alors, pour rattraper le coup, j’y avais mis deux nouvelles graines. Heureusement que ça poussé vite, hen ! Il ne s’en est même pas rendu compte (fiouuuuf) !
À peine quelques semaines plus tard, là, j’oublie à nouveau… Je viens tout juste de lui donner de l’eau, mais… je crois que le mal est fait. À voir tantôt. Je pense que je vais devoir remettre 2 nouvelles graines (ha-ha-ha) !
MAIS MOI, je sais tout.
Je connais la vérité.
Lui non. Je m’en sens vraiment très mal. Du genre : j’ai échoué ma vie de parent. Bon, c’est exagéré (un tout petit peu), cependant, c’est quand même ce feeling que j’ai. Je lui dirai la vérité dans quelques années !
[…]
Pis là, je me trouve encore plus poche comme mère ; non seulement à cause des photos, mais aussi à cause de la plante (ouin).
[…]
Pis en même temps, je vous assure que je donne plus que mon 100 % pour être présente et disponible quand il le faut.
Bref, je constate qu’on ne peut pas être parfait·e dans toutes les sphères parentales.
Là, je réalise encore plus que demander de l’aide, ce n’est pas seulement quand on se sent au bout du rouleau. C’est aussi lorsqu’on aurait besoin de soutien à travers toute cette charge mentale, même si on croit qu’on est « correct » pis qu’on gère. Au final, on ne peut pas TOUT porter sur nos épaules, sans jamais rien dire. Du moins, je vois que je ne peux clairement pas.
Est-ce qu’il y a un parent ici qui arrive réellement à tout gérer, sans faille, malgré les imprévus de la vie ?
- Le médecin.
- Le dentiste.
- Les vaccins.
- L’orthophoniste.
- L’éducatrice spécialisée.
- L’ergothérapeute.
- Les privilèges à l’école.
- Les collations spéciales.
- Les sorties.
- Les rencontres de parents.
- Les galas de fin d’année.
- Les photos scolaires.
- Les journées thématiques.
- Les formulaires.
- Les courriels.
- Les rappels.
- Les échéances.
- Les fêtes.
Arrivez-vous réellement à tout gérer, sans jamais rien oublier ? Je suis curieuse… J’ai bien hâte de vous lire à mon tour.
— La fille dans l’ombre



