Il y a des jours où elle se sent incomprise. Partout où elle pose les yeux, elle a ce sentiment d’être la personne de trop, tout le temps. Celle qu’on met de côté ou dont on s’éloigne par précaution, comme si elle était dangereuse, ou que son instabilité était contagieuse. Celle qu’on aime tant qu’elle sourit, mais pas lorsqu’elle craque et qu’elle implose, car elle est trop difficile à comprendre, à suivre, à aimer.
Elle n’a pourtant qu’un besoin, tout simple… elle ne demande qu’à se sentir en sécurité. C’est tout. Elle a seulement besoin de savoir qu’on l’aimera, quoi qu’il arrive, peu importe l’envergure de la tempête.
Tout bascule d’un coup. L’ouragan se lève, sans prévenir. Sa vision se brouille, tout devient flou, elle a peur. Les émotions sont hors de contrôle, sa colère la submerge et les larmes débordent. Elle sait qu’elle risque de blesser autour d’elle. Elle s’en veut. Mais c’est comme perdre la maîtrise de soi… elle espère seulement que personne ne fuira.
Ce qu’elle voudrait, c’est sentir qu’elle a encore sa place, qu’elle n’est pas un fardeau. Même à son pire, lorsqu’elle tremble et qu’elle n’arrive pas à contenir la tornade.
Mais on la laisse de côté. Comme on laisse un enfant pleurer en attendant que l’orage se calme tout seul. On pense que le silence apaisera. Mais pour elle, ce silence est lourd, synonyme d’abandon et de solitude. Chaque seconde où personne ne tend la main devient une preuve de plus qu’elle n’en vaut pas la peine. Les traumatismes du passé ont bien forgé le chemin.
Alors l’anxiété prend toute la place. Les pensées se bousculent. La panique cherche une sortie. Et puis, plus rien. Blackout émotionnel total. Toutes ces voix qui criaient dans sa tête ont cessé d’un coup. Le vide s’installe. Ce n’est pas la paix ni le calme. C’est la survie. Car c’est trop douloureux de ressentir… qu’elle n’est pas assez.
Être cette bombe à retardement, celle qu’on regarde avec malaise, dédain et regret, ne devrait pas être un défaut. Ce n’est pas un manque de volonté ou de maturité de sa part. Ce n’est pas une tentative d’être sous les projecteurs, loin de là, car si elle pouvait disparaître à ce moment, elle le ferait. C’est seulement un cri du coeur, un cri de son âme qui souffre. Il souffre d’avoir été blessé une fois de plus. Une fois de trop. D’être encore incompris, encore seul.
Elle voudrait être comme toutes ces personnes à qui la vie réussit. Celles et ceux pour qui les bas ne frappent pas trop fort. Celles et ceux pour qui la vie est une aventure et non une bataille acharnée.
Car tout ce qu’elle demande, ce n’est pas qu’on la laisse exploser, mais qu’on l’aide à se désamorcer. Et parfois, la seule chose qui peut désamorcer une bombe, c’est la présence douce et vraie de quelqu’un qui refuse de partir.
N’abandonnez pas lorsque la tempête se lève. Un jour, quelqu’un verra le soleil briller à travers vos nuages gris. Et il restera, même s’il n’a pas toutes les réponses, parce qu’il saura comment vous comprendre et enfin vous faire sentir à votre place, peu importe combien sont difficiles vos guerres intérieures.



