Personne marchant seule dans un paysage hivernal, vêtue d’un manteau turquoise et d’un sac à dos. L’image évoque le chemin intérieur, la découverte de soi et la douceur du ralentir.

TDA/H : être ma destination

Personne assise seule au bord d’une falaise, contemplant un horizon brumeux. Une image qui évoque l’introspection, la redécouverte de soi et la paix intérieure.J’ai passé les deux premières décennies de ma vie à naviguer dans le noir. Je n’avais aucun repère clair d’où j’allais, et encore moins comment j’allais me rendre. J’arrivais soit beaucoup trop d’avance à certaines destinations, soit beaucoup trop en retard.

Lorsque j’ai reçu le diagnostic d’un trouble de l’attention et de l’hyperactivité, j’ai eu l’impression de renaître. J’étais heureuse de pouvoir enfin comprendre que mon spectre de normalité était simplement différent de celui des autres.

Avec cette renaissance est venue le deuil de la personne que j’ai tenté de construire pendant toutes ces années. J’ai réalisé toute la violence que je me suis faite à me forcer à entrer dans un moule qui n’était pas fait pour moi.

C’est étrange de devoir réapprendre à comprendre et à vivre avec mes émotions. Je dois apprendre à accepter que je ressens tout plus profondément et à me rassurer quand j’ai l’impression qu’on me rejette. J’apprends encore à accepter que la colère est l’émotion qui m’aime le plus, même si sa bienveillance peut sembler violente.

Prendre soin de moi ne sera jamais pour moi ce que c’est pour la majorité des gens. Pour moi, c’est d’acheter des repas congelés que j’aime pour les jours où je vais être surstimulée et incapable de cuisiner. Je me laisse m’abandonner à un passe-temps à 200 %, même si ça ne dure que quelques semaines et que j’y ai mis une bonne somme pour m’équiper.

J’apprends à accepter que c’est correct d’avoir juste envie de me coucher dans le lit et de ne pas faire ce que j’avais prévu ce soir-là. Ce n’est pas de la paresse, mon corps et ma tête ont besoin de se stabiliser.

Mes tâches quotidiennes ne seront presque jamais linéaires. Les to-do lists ne fonctionneront pas toujours, et je n’ai pas besoin d’être constamment dans l’anxiété d’oublier. J’apprends encore à ne pas m’insulter ou à me mettre en colère contre moi-même lorsque je manque ma sortie d’autoroute, que j’oublie de mettre la capsule dans la machine à café ou que je dois jeter de la nourriture que j’ai oubliée trop longtemps dans le frigo.

Doucement, j’apprends à me pardonner de négliger mes relations avec les autres. Ils comptent pour moi, je les aime tous d’amour. Sauf que j’ai tendance à me concentrer sur ce qui est directement en contact avec moi. Ça ne fait pas de moi une mauvaise personne, du moins, c’est ce que je me répète chaque fois que la vague de culpabilité m’envahit.

J’apprends aussi à me pardonner toute cette violence que je me suis infligée et à aimer toutes ces parties de moi dont j’ai longtemps souhaité la disparition. Je tente de reprogrammer mon cerveau pour me donner de la douceur et de trouver des façons de m’adapter plutôt que de me marteler que je DOIS le faire comme les autres.

Chaque jour est un nouvel itinéraire et, comme n’importe quel voyage, ça vient avec son lot de turbulences.

Surtout lorsque se redécouvrir est la destination.

 

— Loud

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