Femme assise, genoux contre elle, visage sans expression, illustrant fatigue émotionnelle, vide intérieur et détresse silencieuse.

Un vide obsessionnel

Souvent, l’hyperfixation se manifeste sur une personne, une activité, quelque chose qui va m’amener une dose intense de dopamine. Malheureusement, elle peut aussi se manifester d’une manière complètement différente. Plus sombre… plus douloureuse qui va me faire rouler sur le cortisol et l’adrénaline.

Depuis l’adolescence, je vis avec cette pensée intrusive que la vie à quelque chose contre moi. Dès que je regagne espoir, que les choses semblent s’annoncer en ma faveur, elle revient à la charge et elle me donne une raison de me décourager, de vouloir jeter l’éponge.

Personne debout au bord d’une falaise enveloppée de brouillard, regardant le vide. L’image évoque la solitude, l’obsession intrusive et le sentiment de vide intérieur décrits dans le texte.Ça m’obsède de voir qu’à la mi-vingtaine, je me sens encore à l’âge de treize ans. J’ai l’impression que plus les choses changent et plus c’est pareil. Le même rejet, les mêmes échecs, les mêmes épreuves. J’en fais une fixation à chaque fois que les embûches s’accumulent. Loin d’être volontaire de ma part. Mais le manque de contrôle sur ma vie est alarmant et ça m’angoisse.

Ça fait des années que je me demande ce que la vie attend de moi. Je persévère et je me dis que je ne peux pas être venue au monde que pour souffrir et subir… pourtant, c’est tout ce qui m’arrive et ce n’est pas une vie.

C’est de la survie.

Dernièrement, ça en est à un point où je pleure tous les soirs pour m’endormir. Je suis épuisée de vivre, mais je n’ai pas le courage de disparaître.

Plus ça va, moins les paroles des chansons m’apaisent, plus la vitesse à laquelle je roule sur l’autoroute augmente et la douleur s’accentue. Le mal de vivre est tellement poignant que je ne sais plus comment l’exprimer. Même écrire ne fait plus autant de bien.

Une pensée intrusive devient rapidement une obsession. Ça crée un trou béant dans ma poitrine qui m’empêche de respirer, de manger, de dormir. De vouloir exister.

J’ai donc lancé un appel à l’aide à mes proches. J’ai de la chance d’avoir un entourage sensible à ma réalité, qui prend le temps de m’écouter autour d’une tasse de thé. Iels me laissent pleurer toutes les larmes de mon corps dans le silence le plus total. Iels prennent le temps de mettre un peu de lumière dans ma noirceur.

Iels m’écoutent obsédée avec ce vide intérieur que je ressens. Iels acceptent que, même s’iels m’aiment de tout leur coeur, il manque toujours une pièce à mon casse-tête. Ils comprennent que je suis encore, et toujours, à la recherche de ce qui me fera sentir plus complète, plus moi.

Il y a des moments où ce vide n’est pas aussi douloureux. Où la vie est plus douce et que j’oublie un instant cette douleur qui me suit à la trace depuis tant d’années.

Sauf que par vagues, je n’ai plus la force et je me laisse engouffrer par la pénombre. J’ai la chance d’avoir mes proches qui agissent comme ma lumière au bout du tunnel.

 

— Loud.

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