Une petite pousse verte émerge d’une fissure dans le trottoir, symbole de résilience et d’espoir malgré la dureté du quotidien.

Désolée d’être moi, je fais de mon mieux

Je ne sais pas si c’est la fin de l’été, les belles feuilles qui tombent, l’hiver à venir qui me fait sentir aussi mal en dedans. Cet espèce de mal-être je l’ai souvent côtoyé, mais il me pèse de plus en plus lourd depuis quelques temps. Je mets l’excuse sur l’accumulation, le quotidien, le poids des épreuves des dernières années. J’ai l’habitude de me faire passer en dernier, et quand j’ose mettre une limite ou que j’expose un besoin pour enfin me respecter, je ne suis toujours pas capable de gérer ce qui se passe ensuite : la réaction des autres, les effets du  »après ». Je danse alors avec la fierté de m’être enfin écoutée et respectée, avec la culpabilité de décevoir ou de ne pas avoir suscité la réaction que j’aurais aimée. Un pas à la fois vers nos objectifs ? Parfois, j’ai l’impression de reculer davantage.

C’est difficile être soi-même, même si je sais que je le suis et même si je cache encore au fond de moi de grands désirs que je n’ose pas encore exprimer.  J’ai du mal à trouver l’équilibre entre faire plaisir aux autres et me respecter. Je sens ma résilience, ma patience et mes besoins prendre le large vers une destination… je les regarde s’en aller, seule sur mon île. J’ai cette boule en dedans qui ne veut pas me quitter.

Avant je prenais la critique difficilement, mais de façon constructive. Maintenant, je tombe plus facilement dans l’auto-sabotage à la place. Ah ça oui ! Comme dirait mon thérapeute, j’en suis la championne ! Y’a de ces jours où je préfèrerais disparaître que de devoir continuer à être dans cette boule d’émotions que je ne peux pas toujours exprimer. Y’a des jours où c’est accueilli, d’autres non.  Je me retrouve constamment dans le dilemme de : est-ce que je me tais pour éviter un commentaire négatif ou le risque de ne pas être écoutée ? Est-ce que je plonge pour me libérer, me respecter et  »yolo » je suis ce que je suis et je fonce ? Y’a des jours où j’ai l’impression que je porte le poids du monde sur mon dos, que j’ai une mission. D’autres fois, j’ai l’impression que je suis de trop.  Je rumine sûrement trop me diras-tu, que je devrais juste être moi-même, que l’orage va passer. Mais moi, les jours de beau temps, je n’ai plus l’espoir de les voir.  Sois belle, souris et tais-toi, on dirait que ça doit être ça l’attitude à avoir pour pouvoir exister. Vivre ses émotions ça dérange, c’est mal vu.

Mais c’est moi. Je vis mes émotions peut-être un peu trop intensément et trop longtemps. Oui, je travaille sur moi tout le temps, à un tel point que ça m’épuise, mais je continue. Et dans ce temps-là, je n’ai pas besoin qu’on me donne des solutions ou des façons d’être. Je veux juste être accueillie avec bienveillance. Mais ça encore, ça semble être trop demandé. J’ai vécu tellement de chaos dans ma vie, à devoir rester la femme forte que tout le monde connaît, à tout refouler. J’ai besoin de douceur pour vivre l’émotion afin qu’elle parte plus vite. Parce que ces émotions-là, bien elles aussi elles ont le droit d’exister. Plus on m’en empêche et plus je me referme. Plus on les banalise, et plus en dedans de moi, c’est comme si je n’avais pas le droit d’être moi-même. Que je doive m’excuser d’exister.

Être soi-même c’est une richesse, parce que ça permet d’avoir, autour de soi, les personnes qui t’acceptent vraiment avec tes orages tout comme tes beaux jours et tes petites victoires.  Ça demande parfois de couper des liens ou de prendre de la distance. Je tente de continuer de marcher dans mon chemin, faire de mon mieux. Je sais que je vais encore décevoir au péril de rester vraie. Mais je pense que moi aussi, au final, j’ai le droit d’exister, d’être entendue, même quand c’est pas toujours joyeux.  J’apprends à danser sous la pluie, et à apprécier toutes les petites parcelles de soleil.

 

— Mérédith

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