Connais-tu le terme « masking » ?
C’est un terme anglophone utilisé lorsqu’une personne vit avec un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). En gros, c’est l’expression de mettre un masque pour être acceptable, pour créer des connexions avec les gens autour de soi. Le « masking », c’est l’art ultime de faire semblant d’être comme les autres.
Quand je dois laver la vaisselle, par exemple, je dois avoir de la musique à plein volume dans les oreilles pour réussir à faire ma tâche sans me décourager et, surtout, sans abandonner. Imagine maintenant les rencontres avec les patrons quand j’ai du gros Rammstein dans les oreilles et qu’ils me parlent de mes performances… Ça accroche parfois, mais ça semble fonctionner.
Un autre truc que je fais souvent, c’est faire des bruits. Je suis une machine à sons ! Quand j’ai trop de stimuli, je me mets à claquer la langue ou encore à faire des sons de musique avec ma bouche. Mes enfants savent trop bien qu’ils ne doivent pas m’approcher dans ces moments-là, car je suis dans ma bulle et je suis ultra concentrée. S’ils me voient avec les bras dans des angles étranges dans les airs… Oups ! Je suis partie ! Je suis VRAIMENT trop stimulée et je dois me calmer.
Je te donne un autre exemple de ce qu’est le « masking ». Dans le cas de ma fille, c’est cacher son anxiété et sa peine de ne pas être comprise avec du sarcasme et de l’humour très noir. Moi, je cache mon TDAH derrière des moments de doute et d’auto-flagellation. Chaque personne a sa façon de cacher son TDAH. Chacun d’entre nous est unique.
— France P.



